Actualités importantes
Le public d'Hazeltine a créé l'une des ambiances les plus intenses jamais vécues
Actualités importantes

Europe 2016

Pourquoi l'atmosphère tendue d'Hazeltine était positive pour le jeu

Maintenant que tout s'est calmé dans le Minnesota, une chose est absolument certaine : la Ryder Cup de 2016 a Hazeltine National nous a offert trois des journées les plus électriques et débordantes d'adrénaline de l'histoire du golf – et cela est une bonne chose, écrit Will Pearson sur RyderCup.com.

Une foule chahuteuse, partisane ; des explosions de joie hystériques, intenses, avec le poing en l’air et les yeux qui brillent ; les cris, les révérences, les signes du doigt, les appels au silence – c’était du golf, mais pas celui que nous connaissons.

Disant adieu au jeu de respect silencieux, d’étiquette peaufinée au fil du temps et de traditions éculées, ce n’est un secret pour personne que les superpuissances mondiales du golf – European Tour compris – sont en pleine discussion sur de nouveaux formats de jeu accélérés, sur la manière d’innover et de rendre le golf attrayant et accessible dans l’univers ultra-concurrentiel du divertissement sportif d’aujourd’hui.

Même la Ryder Cup ? Ne changez rien. Aucune autre compétition de golf n’offre une telle ambiance.

Et si vous deviez trouver un exemple parfait de l’importance de ce tournoi transatlantique de 89 ans pour les adversaires concernés, il vous suffit de regarder Rory McIlroy, leader omniprésent de l’équipe européenne, et Patrick Reed, Captain America de l’équipe adverse, les deux joueurs fétiches et plus encore de la semaine dernière dans le Minnesota.

Sans dollar ni titre individuel à remporter, tout était affaire de bravoure et de gloire, pour l’équipe, le pays, et dans le cas de l’Europe, le continent.

Quelqu’un a dit un jour : « personne ne peut siffler une symphonie, il faut un orchestre pour la jouer », et c’est la nature plus altruiste et collective de la Ryder Cup qui semble provoquer, dans le contexte de ce qui est normalement un jeu éminemment personnel, le type de réactions affichées tous les deux ans par McIlroy et les autres, les manifestations de la semaine dernière étant encore plus prononcées que d’habitude.

Si toute action engendre une réaction, la réponse de McIlroy à l’avidité du public américain a été une intensité et une concentration jamais vues auparavant. Peut-on honnêtement affirmer avoir vu le natif de Holywood ne serait-ce qu’à moitié aussi expressif à tout autre moment de sa brillante carrière qu’il ne l’a été à Hazeltine – y compris lors de ses quatre victoires en majeurs ?

Avec Darren Clarke incapable de recourir aux services d’un Ian Poulter blessé, longtemps le joyau de ce grand théâtre de match play, on a eu l’impression que McIlroy se faisait fort d’assumer le rôle de l’anglais en son absence, montant au front et donnant l’exemple, les poings et les dents serrés et la rage au front.

Cela était particulièrement évident dans l’affrontement épique de dimanche entre Mrs. McIlroy et Reed, un match d’ouverture qui promettait beaucoup et a offert encore plus. C’était à la fois sublime et ridicule, une lutte à tout va, au pied à pied, qui a vu la paire rendre coup pour coup, putt pour putt, explosion de joie pour explosion de joie.

C’était surtout un incroyable spectacle de sport. Avant que puissiez souffler pour dire, « est-ce que c’est vraiment en train de se passer… en golf ? », vous étiez propulsé dans la prochaine prise de fer, le prochain coup de génie.

Au huitième trou, le match est arrivé à un moment de suspens complet, offrant ce qui restera sans doute comme l’un des moments historiques de l’édition 2016.

Face à un putt de 60 pieds pour birdie, McIlroy a rentré un putt interminable qui a donné lieu à une liesse incroyable. Arpentant le green, tous les muscles du haut du corps tendus, secouant la tête de gauche à droite en criant encore un autre « vas-y », c’était un autre Rory, un diable en fureur, perdant le contrôle, prêt à imploser de pure joie.

« Je ne vous entends pas », criait-il, mettant la main près de l’oreille à l’intention des milliers de spectateurs tout de rouge vêtus agglutinés autour du green, des millions qui le regardaient dans le monde entier.

Bien entendu, Reed, un personnage souvent controversé en golf, mais clairement chez lui à ce stade du match, a suivi son adversaire dans le trou à 25 pieds.

Et encore plus de délire, et un nouveau sourire à contrecœur de McIlroy, et deux poings qui se rencontrent en signe de respect entre les deux guerriers à la sortie du green.

Si certaines des remarques et insultes hurlées en direction de McIlroy, Garcia, Willett et d’autres étaient sans aucun doute déplacées, il y aura toujours des gens stupides, mais pour la plus grande part, le soutien national était bruyant mais respectueux, passionné, et surtout, du côté américain, énergisant comme une vague d’émotion rouge, blanche et bleue qui a porté l’équipe de Davis Love III à sa première victoire dans le tournoi depuis 2008.

Certains diront peut-être que les choses sont allées trop loin à Hazeltine, mais pour la majorité, pour le grand public, c’est l’essence même du sport, passionnant, exaltant, tribal.

Hazeltine National et la 41ème édition de ce tournoi bisannuel laisseront pendant longtemps le souvenir d’une des ambiances les plus intenses, les plus excitantes jamais connues dans un événement golfique, si ce n’est la seule de cette nature, et ce peut être qu’une bonne chose pour l’avenir du golf que le monde en fasse l’expérience de cette manière.

Quelles que soient les nouvelles initiatives bienvenues qui seront introduites dans le golf dans les prochaines années, une chose est sûre : rien n’arrivera jamais à la hauteur de la Ryder Cup.