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USA 2016

Ryder Cup : les USA mettent fin à huit ans de disette avec un triomphe à Hazeltine

CHASKA, Minnesota. - Cher Arnold. Ils l'ont fait.

Dimanche soir le soleil s'est couché sur une nouvelle ère à la Ryder Cup. Et lorsque la compétition s'est achevée, lorsque les États-Unis ont pu chanter leur victoire à la Ryder Cup au lieu de la pleurer, il y a eu un trophée. Il y a des leçons à en tirer. Il y a tant d'images de ce week-end historique à savourer et à garder en tête Un week-end qui a débuté avec un hommage rendu à Arnold Palmer, et qui s'est terminé avec des Américains s'aspergeant de champagne les uns les autres.

Le trophée ? Une toute petite chose, si l'ont considère tous les efforts déployés pour le remporter. Mais il nous avait tellement manqué. C'est seulement la troisième fois qu'il finit dans les mains des Américains en vingt ans. C'est la raison pour laquelle les vainqueurs ont ressenti tant d'émotion, se rappelant les blessures passées endurées à la Ryder Cup. « Ils ont été soumis à beaucoup de pression ces deux dernières années » a déclaré Davis Love III. « Et à chaque fois que nous avons sélectionné un nouveau gars, la pression était encore plus forte. »

Ce que l'on a appris ?

D'abord qu'il ne faut pas avoir peur de modifier un programme. Convaincre les États-Unis de revoir l'organisation de la Ryder Cup a engendré beaucoup de douleur et de déception. Phil Mickelson en a été le partisan principal. Le même Phil Mickelson, qui dimanche, au crépuscule de sa carrière, a marqué 10 birdies. « Quand elle est dans de bonnes conditions, l'équipe américaine est capable de proposer un golf tout à fait incroyable » a déclaré Mickelson. « C'est pour cette raison que nous ramenons la Ryder Cup à la maison. »

Aujourd'hui il y a de nouveau deux équipes rivales, chacune capable de rendre la vie de l'autre très difficile. « Il va de soi que nous sommes déçus, mais c'est une bonne chose pour le golf » a déclaré Rory McIlroy. « Ce résultat préserve l'intérêt de la Ryder Cup. »

L'événement a pris une telle importance, que les supporters sont devenus essentiels - ils représentent une arme puissante pour l'équipe qui reçoit. Le stand au tee numéro 1 rempli en 90 minutes avant le premier coup ? Un « kiss cam » sur l'écran vidéo ? La terre des 10 000 lacs devenue la terre des 50 000 supporters ? Tout cela s'est vérifié cette semaine. Le grand retour de la Ryder Cup aux États-Unis a été marqué par ce cri : « USA ! USA ! » parfois tellement fort qu'il en a fait trembler les arbres, et peut-être même l'équipe invitée. Comme l'a déclaré Zach Johnson : « Celle-ci est aussi pour les supporters. »

Mais alors que cette foule grandissante transforme cet événement en un phénomène unique, quelques imbéciles en ont profité pour avoir une attitude déplacée, ce qui a beaucoup ennuyé les Européens. C'est un problème à prendre en considération pour les Ryder Cups à venir. Il y aura une grande affluence en France dans deux ans, et les cris destinés à l'équipe américaine auront un ton bien différent de celui que l'on a connu ces trois derniers jours.

Il y a une dernière chose que l'on a appris. Quelques birdies ne font pas de mal. Dimanche les 12 joueurs américains en ont marqué 62, et deux eagles. Aucune équipe avare de beaux putts n'a jamais remporté la Ryder Cup, et n'en remportera jamais.

Les images qui vont rester dans l'histoire ?

Patrick Reed et Mcllroy pour commencer, dans un duel dont on se souviendra longtemps. Dimanche c'était peut-être la première fois qu'on assistait à une telle bataille à la Ryder Cup. Le bruit qu'elle a provoqué devait se situer entre un premier tour des 500 miles d'Indianapolis et un décollage de fusée. Ils ont cumulé sept birdies et un eagle entre les trous numéro 5 et 8, dans un déluge tonitruant de points levés, de cris, de hurlements et de mouvements de bras et de têtes. Après un birdie, McIlroy a hurlé à la foule « Je ne vous entends pas ! » Broadway s'est invité sur un parcours de golf.

« Rien de personnel » a dit Mcllroy plus tard. « C'est pour s'amuser. »

Ils étaient comme Rocky Balboa et Apollo Creed s'affrontant au milieu du ring, jusqu'à ce que la frénésie ne les épuise. Aux 10 derniers trous il y a eu un avantage de 3 points, mais Reed avait encore deux birdies qui lui ont permis de remporter la victoire à 1 points. Quand le jeu était plié au trou numéro 18, des supporters ont lancé à Mcllroy « On ne t'entend pas. »

Ce match servira de référence aux futures Ryder Cups.

Mais ce match de dimanche était-il le meilleur ? Les 10 birdies de Mickelson ne lui ont pas permis de gagner, car son adversaire Sergio Garcia en a marqué neuf. Sans l'hystérie du match de Reed contre Mcllroy - mais dans une atmosphère suffisamment bruyante quand même - les deux joueurs expérimentés se sont affrontés jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de trous pour y marquer des birdies. Mickelson a même fait la démonstration de son saut vertical après un long birdie, beaucoup plus court que la plupart de ses putts.

Une défaite, pour l'un comme pour l'autre, aurait été totalement injuste. Il fallait que ça se termine par une égalité. Et si c'était le dernier match de Ryder Cup de Mickelson, à 46 ans, il ne pouvait pas rêver meilleur adieu. « J'aurais adoré gagner » a déclaré Garcia. « J'ai eu l'impression de jouer assez bien pour gagner, mais malheureusement Phil a continué à faire ce qu'il sait faire. »

Ces deux matchs rentreront dans la légende de la Ryder Cup, mais ce n'était pas fini, les matchs de dimanche avaient beaucoup à offrir.

Bubba Watson, qui voulait absolument jouer mais qui a accepté d'être vice-capitaine, sanglotait dans les bras de Love, à la fois ému par la victoire, mais aussi par le souvenir de son père.

« La dernière fois que mon père m'a vu jouer à une compétition c'était à la Ryder Cup en 2010 » a déclaré Watson. « Il est décédé neuf jours après la Ryder Cup. Il était à l’hôpital avec tout un tas de perfusions, branché à différentes machines qui l'aidaient à respirer pour qu'il puisse regarder son fils. »

Love a lui aussi dû sécher ses larmes. « Bubba nous a montré à quel point cette équipe américaine était courageuse » a-t-il déclaré.

Ce sont les dieux du golf, qui dans leur ironie ont choisi Ryan Moore pour marquer le point gagnant de l'équipe américaine, le dernier joueur sélectionné par le capitaine, qui ignorait jusqu'à la semaine dernière qu'il faisait partie de l'équipe. Il nous a offert de beaux birdies avec un par concédé au trou numéro 18. Il s'est demandé un moment pourquoi tous ces membres de son équipe venaient vers lui. « Je ne le savais même pas » a-t-il dit au sujet du coup décisif.

Il y a eu Thomas Pieters, un belge de l'Université de l'Illinois, qui a terminé sa première Ryder Cup, avec quatre points gagnés, ce qu'aucun débutant européen n'avait fait auparavant.

Et à la fin, il y a eu les joueurs américains, scrutant le tableau des scores de la Ryder Cup qui a été si cruel avec leur équipe par le passé, pour y voir apparaître un score de 17-11, marquant la victoire la plus cuisante en 35 ans, et leur faisant comprendre l'unité que cela avait nécessité. « Nous nous faisons beaucoup confiance » a déclaré Dustin Johnson. Et sachant qu'il fallait jouer pendant trois jours un golf exceptionnel, intrépide, et ne jamais rien lâcher pour remporter la victoire.

« Pour être honnête, je ne pensais pas qu'il était possible de voir un si beau golf » a déclaré Ben Crenshaw.

Cette Ryder Cup inratable, bruyante, a pris un tournant nouveau. Le monde du golf a hâte de recommencer dans deux ans. Que demander de plus ?