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Martin Kaymer participe pour la quatrième fois à la Ryder Cup au Hazeltine
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Europe 2016

Le héros de Medinah Kaymer serein pour son retour dans l'équipe américaine

« Je savais que je devais inscrire le putt pour gagner, et que ça suffisait. Je n'ai jamais pensé que j'allais le manquer. Je n'avais pas le choix, je gagnais ou je perdais, et c'était fantastique. Je me concentrais uniquement sur le trou. Puis j'ai abaissé mon putter. Et j'ai tiré. »

Quatre années se sont écoulées depuis que Martin Kaymer est entré dans le folklore de la Ryder Cup comme l'homme qui a mis la touche finale au plus grand retour de l'histoire du tournoi transatlantique, une bataille épique que l'on surnommera « le Miracle de Medinah ».

Après avoir été mené 10-6 à Chicago suite aux deux premières journées écrasantes par les troupes américaines de Davis Love III, l'équipe européenne de José María Olazábal est revenue durant les matchs en simple du dimanche par un après-midi d'automne ensoleillé dans l'Illinois.

Après avoir décroché la victoire lors des cinq premiers matchs, grâce à Luke Donald, Ian Poulter, Rory McIlroy, Justin Rose et Paul Lawrie, et avec une vague bleue envahissant les tableaux de Medinah, des points supplémentaires ont été obtenus par Sergio Garcia et Lee Westwood, laissant à Kaymer la tâche d'inscrire un putt de sept pieds sur le 18è green pour battre Steve Stricker et remporter le point crucial.

Pas en forme et en manque de confiance après avoir été mis sur la touche samedi, l'Allemand a chassé toute pensée négative et a inscrit le putt, déclenchant ainsi des célébrations de victoire de folie et des fontaines de champagne.

« Je me suis retrouvé en mesure d'accomplir quelque chose d'incroyable, non seulement pour ma carrière, mais pour l'histoire du golf européen et de la Ryder Cup, a déclaré Kaymer. C'est très important pour moi. C'est magnifique de pouvoir jouer au golf dans ces circonstances. »

Il a également fait une contribution importante lors de sa première participation à la Ryder Cup, deux ans plus tôt, mais pas sans mal.

Malgré sa première victoire en Grand Chelem moins d'un mois plus tôt à l'US PGA Championship de 2010, Kaymer a depuis lors révélé que son expérience de rookie au Celtic Manor était véritablement intimidante.

Lors de cette semaine humide au Pays de Galles, Kaymer, alors âgé de 25 ans à peine, a réussi à garder son calme et à remporter 2½ points en quatre matchs et, érudit et futé comme il l'est habituellement, il a des conseils à offrir aux six rookies de cette année.

« Lors de ma première Ryder Cup, j'étais nouveau, j'avais peur de la situation, a-t-il déclaré. J'étais très heureux de jouer avec Westwood et Poulter car ils jouaient vraiment bien, ils étaient confiants et ils savaient tant de choses.

« Je sais à quel point il est difficile de participer pour la première fois et il est très important de compléter de nombreuses manches d'entraînement et même le premier match aux côtés d'un joueur expérimenté.

« Mais ça dépend du type de rookie, s'ils ont peur ou s'ils sont impatients. Ils doivent être confiants, ils doivent se dire qu'ils méritent d'être là. Ils doivent être passionnés et y mettre tout leur cœur. »

Après un début nerveux en 2010 et un rôle capital en 2012, l'homme de Dusseldorf s'est rendu à Gleneagles en 2014 suite à une excellente saison de golf.

Kaymer, bien dans sa peau et jouissant désormais d'un statut de vétéran, a remporté deux points en quatre matchs en Écosse, dont une magnifique victoire 4 et 2 contre Bubba Watson en simple, alors que l'Europe décrochait un triomphe 16½-11½.

« Je pense que lorsqu'on vit la beauté et la pression de la Ryder Cup, on commence à l'apprécier, a-t-il poursuivi.

« C'était vraiment différent en 2014 par rapport aux autres années car j'étais vraiment en grande forme, j'étais en confiance après mes victoires au Players et à l'US Open.

« J'avais la situation en main et j'ai emporté cette confiance à Gleneagles. C'était certainement la Ryder Cup la plus agréable à laquelle j'ai participé. »

Pour la première fois de sa carrière, Kaymer a dû compter sur la sélection du capitaine, Darren Clarke, à la fin août pour participer à sa quatrième Ryder Cup pour l'Europe à Hazeltine cette année.

Toutefois, son palmarès durant la période de qualification a été très constant, ne manquant que trois cuts en 28 tournois à travers le monde au cours de la période de 12 mois. En effet, Kaymer a décroché neuf top dix au classement, dont six au cours des quatre derniers mois, sa place au sein de l'équipe 2016 est donc clairement méritée.

Le golf est un sport individuel en soi, mais il règne une certaine camaraderie à la Ryder Cup. Avec sa place désormais confirmée, on ressent que l'homme de 31 ans apprécie l'ambiance familiale que le tournoi engendre et il estime que la grande force de l'équipe européenne, c'est son union plus que solide.

« Je pense que c'est Bubba Watson qui a dit un jour une chose absolument vraie : il faut tout d'abord devenir des amis pour former une véritable équipe, a-t-il expliqué. Je ne sais pas pour les Américains, mais au sein de nos équipes, on s'entend très bien et on se soucie réellement des autres. Il faut réussir individuellement, mais il règne un environnement différent, un esprit différent. Tout le monde doit s'entraider.

« Il faut être sociable, ce qui est assez différent pour notre sport, très individuel. Il faut aider ses coéquipiers, il faut parler de ses faiblesses et de ses forces, il faut être honnête et surpasser son égo. Tout est question d'équipe. »

Tout comme son coéquipier européen Rory McIlroy, qui a lui-aussi participé à sa première Ryder Cup au Celtic Manor il y a six ans, Kaymer espère remporter sa quatrième victoire consécutive en autant de participations au tournoi bisannuel, sans parler de la seconde en déplacement.

Calme, méticuleux, courageux et concentré, on aurait du mal à parier que Kaymer ne répétera pas son rôle de héros à Hazeltine la semaine prochaine.

« Je n'ai pas encore participé à une équipe perdante à la Ryder Cup, mais ça doit être une horrible sensation, a continué Kaymer. Ce n'est jamais facile et lorsqu'on gagne en Europe, c'est génial, mais le fait de battre les Américains en Amérique est encore plus spécial.

« C'est le plus grand événement de notre sport et oui, je me réjouis vraiment. »

Nous sommes d'accord, Martin...