Coulisses
Le premier tee shot à Gleneagles, il y a deux ans
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Europe 2016

Le coup le plus terrifiant du golf

Oubliez les Majors, oubliez les Tour Championships, rien ne vaut un tout premier tee shot en Ryder Cup, sans doute l'un des moments les plus forts du monde des sports.

La foule qui augmente, les tribunes élevées, la cacophonie du bruit et des chants, le stress, l'adrénaline, les mains qui tremblent.

À Hazeltine National, six petits nouveaux vont vivre leur première rencontre avec ce moment unique qu'est le premier tee shot de la Ryder Cup et il ne fait aucun doute qu'ils connaîtront eux aussi l'expérience éprouvante vécue par leurs prédécesseurs.

La majorité d'entre nous n'aura jamais la chance de vivre un tel moment. Alors, c'est comment ?

Ceux qui l'ont vécu nous racontent tout…

Darren Clarke

« J'étais aux côtés de Monty et nous jouions contre deux très bons amis, Davis Love et Freddie Couples. J'étais nerveux, c'est le moins que l'on puisse dire : les mains, les jambes, les genoux… rien n'obéissait, tout ce qui aurait dû être immobile bougeait dans tous les sens. J'ai touché la balle plus bas que d'habitude, j'essayais juste d'assurer le contact. J'ai réalisé un drive, quelque chose que l'on n'imagine normalement pas faire au premier tee shot à Valderrama et c'était un beau coup, juste un peu trop retenu. C'est un moment vraiment angoissant. »

Thomas Bjørn

« Globalement, vous ne savez absolument pas ce que vous faites au premier tee shot. Impossible de l'effectuer aussi vite que vous le souhaiteriez. Vous voulez juste que ça avance et que la balle soit déjà partie ailleurs. À mes débuts à Valderrama, le fairway ressemblait à un bout d'herbe de deux yards de large. Celui qui dirait qu'il n'était pas nerveux lors de son premier tee serait un menteur. J'ai envoyé trois bois dans les arbres. C'est à la fois effrayant et fascinant… inoubliable. »

Padraig Harrington

« Je n'arrivais même pas à voir la balle de golf. J'étais tellement nerveux que je ne la voyais pas. Et puis, vous êtes là, debout, au-dessus d'elle et vous vous dites : « Bon, il faut que j'y aille, il faut que je la frappe. » Heureusement, j'ai réalisé un bon tir.

Graeme McDowell

« C'était une expérience vraiment étrange. Je me sentais en fait très calme et détendu jusqu'à ce que je me retrouve au-dessus de la balle. Je ne pouvais pas ignorer le silence. Le silence était assourdissant et je n'arrivais plus à penser. C'était vraiment bizarre… Je n'ai pas réalisé un très beau swing après ça ! »

Rory McIlroy

« Je n'ai jamais été aussi nerveux au moment de jouer un coup que lors de mon premier tee shot en Ryder Cup, à Celtic Manor. »

Tom Lehman

« J'étais beaucoup plus nerveux lors de l'ouverture de la Ryder Cup que lors de n'importe quel premier tour de grand championnat. À chaque rencontre de Ryder Cup, on a l'impression de se retrouver dans le dernier groupe un dimanche de grand championnat. »

Robert Karlsson

« Avant de me rendre à mon premier tee shot au K Club, j'ai regardé l'écran géant et j'ai vu une rediffusion de Tiger en train d'envoyer une balle dans l'eau et je me suis dit "s'il peut faire cela, tout va bien." C'était l'idéal pour me tranquilliser et je me sentais bien jusqu'au moment même du tee shot. Là, debout au-dessus de la balle, je me suis dit "Oh, non !". Cela ne ressemblait à aucune sensation de pression vécue jusque-là. Mon caddie, Gareth Lord, m'a dit par la suite que lorsque j'ai frappé la balle je suis devenu blanc comme un linge. Heureusement, j'ai réalisé un coup correct et c'était parti. »

Lee Westwood

« J'étais tellement nerveux en 1997 que je n'arrivais pas à stabiliser ma balle sur le tee. C'est amusant de revoir les images maintenant. J'ai l'air calme et concentré et on dirait presque que je sais ce que je fais. Mais mes mains tremblaient et mes yeux ne s'accommodaient pas bien et c'était une expérience absolument différente de tout ce que j'avais connu jusque-là. »

Barry Lane

« J'ai réalisé mon premier coup au Belfry en 1993. Au moment de me rendre du putting-green au premier tee, je me sentais physiquement mal. Lorsque nous sommes arrivés, je n'arrivais même pas à parler. Mais ce qui m'a redonné des forces, c'est de voir Corey Pavin essayer de poser sa balle sur le tee. Je voyais ses genoux qui tremblaient à travers son pantalon. Cela m'a aidé à me sentir un peu mieux. Je ne sais pas comment j'ai fait ça, mais j'ai effectué un superbe drive, en plein au centre. »

Corey Pavin

« Lorsqu'ils ont annoncé que c'étaient les États-Unis qui allaient commencer, j'essayais de voir comment contrôler mes émotions. Je ne peux même pas décrire à quel point j'étais nerveux. J'ai placé le tee au sol et quand j'ai voulu mettre la balle sur le tee, je me suis rendu compte que ma main tremblait tellement que j'ai décidé de simplement laisser tomber la balle, en espérant qu'elle resterait sur le tee. Heureusement, c'est ce qui s'est passé. Elle est restée en place et j'ai pu me ressaisir et réaliser un beau drive bien centré. »

David Feherty

« On serait capable de dropper un coup entre les vestiaires et le premier tee. »

David Toms

« Mes mains tremblaient. Je m'attendais à être nerveux, mais pas autant. Vous ne savez pas ce que c'est que la pression d'une Ryder Cup si vous ne l'avez pas vécu vous-même. »

Peter Baker

« J'étais dans tous mes états. J'habite à seulement 30 minutes du Belfry, donc je connais le parcours par cœur. Mais alors que je me tenais là pour le premier tee shot, je me souviens avoir vu un arbre que je n'avais jamais remarqué. Je me suis dit : "Mais qui a planté ça en si peu de temps ?" Personne, bien sûr, et maintenant quand je le vois, je me rends compte qu'il est à des kilomètres de distance. Mais pas à ce moment-là. À la fin de la semaine, j'étais mentalement épuisé ! »

Niclas Fasth

« Je me souviens d'avoir vu Paul Azinger frapper le premier coup au Belfry en 2002, ma première année, et il avait l'air tellement heureux d'avoir seulement réussi à déplacer la balle. Il venait d'envoyer un fer quatre à environ 30 yards sur le côté et il avait pourtant un grand sourire ! Vous devez venir préparé et prévoir comment gérer tout ça, parce que si vous vous laissez déborder, alors vous n'aurez aucune chance de bien jouer, sans parler d'affronter les meilleurs golfeurs au monde. »

Paul Azinger

« À la fin, c'est simplement nous 12 contre les 12 de l'autre côté. Et il faut regarder votre adversaire et vous dire sur ce premier tee : "je n'ai simplement pas envie qu'il ait quelque chose à fêter à mes dépends. »

José María Olazábal

« Celui qui ne sentirait pas ses jambes trembler n'est pas humain. »