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Steve Chappell (Centre)
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2018 Europe

Les personnages de la Ryder Cup : le Greenkeeper

Quand il s'agit de vérifier si aucun grain de sable ne se trouve en dehors du bunker ou bien quand il s'agit de rouler les greens au petit matin, les greenkeepers sont un des éléments clefs de la semaine de la Ryder Cup.

Il faut parfois défier les éléments, ils sont sur le parcours dès potron minet et ils gèrent le chaos ambiant qu'il peut y avoir entre deux tours, ça, c'est leur lot quotidien pendant cette semaine de matches.

Nous avons parlé à Steve Chappell qui a travaillé sur la Ryder Cup 2010 au celtic Manor. Il était le greenkeeper en chef du parcours du PGA Centenary à Gleneagles en 2014 et il est à présent super-intendant du Royal Bled Golf Course en Slovénie.

Il nous a confié ses souvenirs, du début du process jusqu'à la pression grandissante sur ses épaules les semaines de Ryder Cup. 

Quels sont vos premiers souvenirs de Ryder Cup? 
"Pour être honnête, je ne regardais pas trop. Mais je me souviens avoir regardé l'Europe avec mon père à la télévision.
La première chose dont je me souvienne vraiment c'est le coup de Christy O'Connor Jnr sur le 18 au Belfry. Le coup de fer 2 qu'il a joué, je m'en souviens comme si c'était hier. C'est la première Ryder Cup à laquelle j'ai vraiment prêté attention."

"La première fois où j'ai été immergé dans une Ryder Cup, ce fut pendant la "Guerre du Littoral - War of the Shore" en 1991 à Kiawah Island. J'étais jardinier et c'est tout le tournoi qui m'a inspiré, le parcours, l'atmosphère, la tension, la controverse et la tristesse incroyable quand Langer a raté son dernier putt contre Hale Irwin. Cela reste pour moi une des mes trois Ryder Cup favorites avec Medinah en 2012 et bien sûr Gleneagles en 2014."

Votre première expérience en tant que Greenkeeper en  Ryder Cup a eu lieu en 2010 au Celtic Manor. Comment s'est présenté cette opportunité et quand les processus de changer le parcours et d'embaucher plus de jardiniers ont-il ommencé ?
"C'était en avril 2013, j'ai rencontré au Celtic Manor, Jim McKenzie, directeur Estates et Golf Courses au Celtic et Jane Jones, administratrice régionale pour l'Association Britannique et Internationale des greenkeepers de golf. J'avais été invité pour un entretien sur l'organisation des bénévoles.
Nous nous connaissons très bien avec Jim et je le considère maintenant comme un ami proche. Il m'a énormément appris sur le management et toutes autres sortes de choses en 18 mois.

Quatre ans plus tard vous êtres à le tête du parcours Centenary à Gleneagles. A un an de l'échance, quel est le travail qu'il reste à faire sur le parcours ?
"Nous avions la chance de recevoir tous les ans un tournoi de l'European Tour. Nous savions dans les grandes lignes ce que l'on attendait de nous pour la préparation du terrain. Mais c'est le standard que nous tenons à maintenir tous les jours de l'année. C'est Gleneagles et les gens n'en attendent pas moins.

"Nous avons commencé à travaillé au printemps 2014. Nous avions des premiers travaux en automne 2013 mais le gros des travaux ce fut au printemps. Nous avons changé les tracés de coupe et nous avons commencé à préparer le parcours tel qu'il devait être."

"Au Centenary, j'avais une équipe de 26 personnes pour la saison 2014. Début septembre, nous avons fermé le parcours donc nous avions 26 jours avant que le tournoi ne commence. Nous avons pris quatre personnes supplémentaires."

"Puis, la semaine avant la Ryder Cup, nous avons ajouté 12 puis 15 personnes, enfin, la semaine de la Ryder Cup, nous étions 80 greenkeepers. Nous avons eu 40 bénévoles et nous avons utilisé une partie du personnel des parcours King et Queen car ils étaient fermés. Le trou n°1 du parcours King est devenu le practice"

Pendant la semaine de Ryder Cup, quel est le planning des journées, entre les matches et celui de la veille pour le lendemain ?
"Cela s'est déroulé sans encombres à Gleneagles. J'habitais sur le site. J'arrivais au local maintenance vers 3h30 ou 3h45. C'était vraiment pratique car j'étais à côté. Pour les tournois de l'European Tour, j'avais tout rassemblé au centre du site et c'était très pratique pour accéder aux parcours."

“Tous les matins, j'allumais toutes les lumières sur le green du 18 et sur la putting green; Les gars arrivaient vers 4h30 pour le briefing et dix minutes plus tard, tout le monde était sur la parcours.”

"Mon rôle était d'être là en soutien, de faire la liaison entre tous mes chefs d'équipes et m'assurer que tout était comme il devait l'être. Nous devions surtout nous assurer d'être dans les temps, que la vitesse des greens soient optimales, nous surveillions leur fermeté ainsi que le taux d'humidité que nous souhaitons."

"Une fois le set up réalisé, nous étions aux aguets à l'écoute des radios pour savoir quand nous allions pouvoir intervenir à mi-journée. L'équipe était alors un peu plus restreinte car nous avions moins de choses à faire, changer les positions de drapeaux, tondre, les roules si besoin était et remettre les bunkers en état. Après cela, nous attendions de nouveau."

“De mon expérience, la Ryder Cup est un tournoi où s'alternent des moments de grosse activité en terme de maintenance et des moments où l'on peut se tourner les pouces si la météo est clémente.”

"Il y a un moment assez court de travail intense entre les tours et le soir, de nouveau énormément de choses à faire. Mais entre les deux, il y a de nombreux moments où l'on attend, ce qui est pour moi la chose la plus difficile."

"C'était en revanche différent au Celtic Manor en 2010. Nous avons attendu, certes, mais pas pour les bonnes raisons. On attendait que la pluie cesse de tomber pour y retourner et tenter de remettre le parcours en état."

Qu'est-ce qui fait un beau parcours de Ryder Cup selon vous et que pensez-vous de la préparation du Golf National cette année ?
"Je suis certain que cela va être absolument fantastique au Golf National. Il faut un savant mélange, du côté des spectateurs, comme il y a peu de matches avec un public nombreux, il faut un bon accès et une bonne visibilité, ce qui est le cas.

“Par exemple, je ne pense pas que le Old Course à St Andrews ferait un bon parcours de Ryder Cup car on ne peut rien voir.”

"Les buttes du Golf National crée un comme un stade et comme à Gleneagles, c'est vraiment important pour les spectateurs. Ce serait aussi bien de pouvoir avoir du soleil comme nous l'avons eu en 2014."

"Je ne pense pas qu'il faille un parcours de golf ultra difficile. A la fin de la journée, c'est du match-play et vous avez à faire aux 24 meilleurs joueurs américains et européens. Vous souhaitez que le parcours soit préparé pour favoriser un jeu offensif. Mais pas trop facile sur certains aspects."

Enfin, quelle est l'expérience la plus incroyable que vous aillez vécue en Ryder Cup?
"J'ai connu un grand moment de satisfaction après le Celtic Manor. Je dois avouer que de faire partie de la cérémonie de clôture a été fantastique. Nous devions nous asseoir au premier rang. Il y avait beaucoup d'émotion. Beaucoup de mes gars avaient les larmes aux yeux."

"J'ai beaucoup aimé aussi le final en 2014. Ma femme, mon meilleur ami et moi-même nous tenions au green du 18, c'était génial d'être si proches de joueurs et d'attendre les matches. L'Europe a conservé le trophée, ce qui était génial et nous étions avec le reste de l'équipe en attendant que le match Zach Johnson contre Victor Dubuisson finisse. C'était un super moment à partager avec eux et avec l'équipe qui avait aidé à créer ce sentiment."