Notre histoire
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USA 2016

La Ryder Cup a évolué jusqu'à devenir la compétition dominante du golf international.

Jeune pousse, enfant mal nourri, puis séquoia surpuissant, la Ryder Cup (aujourd'hui 89 ans), et son trophée portent tout naturellement le nom d'un homme qui a fait fortune en vendant des graines.

Né le 24 mars 1858 à Walton-le-Dale en Angleterre, Samuel Ryder a connu plusieurs carrières : entrepreneur, professeur le dimanche, défenseur de la paix et maire de St. Albans en 1905. Ce qu'il ne faisait pas avant ses 50 ans, c'est jouer au golf. C'est grâce à son pasteur qu'il s'est mis à jouer. Il lui a conseillé le golf pour combattre la maladie en prenant l'air frais.

Aujourd'hui pourtant, le nom de Ryder et la coupe qu'il a donnée sont convoités par les 24 golfeurs professionnels venant des États-Unis et d'Europe pour s'affronter à une compétition internationale. Les États-Unis vont tenter de rompre leur série de défaites à ce 41è tournoi, organisé tous les deux ans, qui se déroule au Hazeltine National Golf Club à Chaska.

« J'ai participé à 12 compétitions majeures » a déclaré Patrick Hunt, président de la Ryder Cup 2016, et membre du Hazeltine depuis de nombreuses années qui a aidé avec deux des quatre tournois masculins de son club. « Même si j'adore les grandes compétitions, je choisirais la Ryder Cup sans hésiter.

« Quand on y pense, c'est seulement la 21è fois qu'elle a lieu dans notre pays. Il faut seulement 10 ans de grandes compétitions pour arriver à 40. Et pourtant, même s'il y a moins de Ryder Cups, on a pu y voir certains des plus beaux moments de toute l'histoire du golf. »

« La concession »

Lorsqu'on demande à Bob Denney, historien du golf de la PGA of America, de choisir le meilleur moment de l'histoire de la Ryder Cup, il n'a aucun hésitation. Il choisit ce que l'on appelle « La Concession », un putt de 2 pieds 1/2 que Jack Nicklaus a concédé à Tony Jacklin dans le 18è trou lors du match en simple final au Royal Birkdale dans le Lancashire, Angleterre, en 1969.

Le geste de Nicklaus, même s'il a conservé la Ryder Cup, a partagé le match avec Jacklin et a mis un terme à la compétition par équipe avec sa première égalité.

« Ce geste » a déclaré Denney « est devenu le symbole du fair-play. Et il a donné le ton aux relations entre les équipes des temps modernes. »

Les américains ont gagné 14 des 17 matchs de la Ryder Cup et a mené par 12 victoires en 13 rencontres. La Ryder Cup a mis longtemps à intéresser. Le Royaume-Uni et l'Irlande n'ont rejoint les forces européennes que 10 plus tard.

Le Royaume-Uni et l'Irlande ont montré leur frustration dès 1969 lorsque le capitaine Eric Brown a interdit à ses joueurs d'aider les Américains à chercher les balles perdues. Puis, le dernier jour, Jacklin, le champion en titre du British Open, a offert à son équipe un moment mémorable lors des matchs en simple lorsqu'il a battu Nicklaus, le meilleur golfeur au monde, 4 et 3.

Nicklaus avait raté beaucoup de putts ce matin-là. Mais plus tard ce jour-là il a prouvé son élégance en ramassant le marqueur de Jacklin et en lui donnant sur le 18è green.

« Je ne pense pas que tu aurais raté ce putt » lui a dit Nicklaus, « mais dans ces circonstances, je ne t'en donnerais jamais l'opportunité. »

Sam Snead, capitaine de l'équipe américaine, n'a pas considéré la décision de Nicklaus aussi favorablement que l'histoire l'a fait.

La « War by the Shore » de 1991

Lorsqu'on a demandé à Denny de choisir son deuxième moment le plus important de l'histoire de la Ryder Cup, il a choisi la « War by the Shore » de 1991, la Ocean Course pénible de Pete Dye sur l'île de Kiawah en Caroline du Sud. Considérée par beaucoup comme la Ryder Cup la plus excitante et la plus tendue, les Américains ont remporté le trophée pour la première fois depuis 1983, lorsque Bernhard Langer a raté un putt d'environ 5 pieds sur le dernier coup du dernier trou du match final du tournoi.

« Ce putt va me suivre toute ma vie » a déclaré Langer après avoir partagé son match avec Hale Irwin pour offrir aux États-Unis une victoire de 14 1/2 -13 1/2

Irwin n'était pas particulièrement un exemple de sérénité non plus. Les deux joueurs ont tous les deux fait un bogey sur le dernier trou. Irwin a fait un chip de 75 pieds, trop court de 20 pieds et a raté le putt, déplaçant la pression palpable sur Langer pour un moment de télévision immanquable.

« Je vais vous dire » a déclaré Irwin. « Je ne pouvais plus respirer, plus avaler ma salive, je ne pouvais plus rien faire... J'arrivais tout juste à taper la balle. »

Les moments de golf passionnants et le patriotisme débridé qui étaient exposés juste après la Guerre du Golfe ont montré à quel point la Ryder Cup était devenue une compétition importante. Mais l'étincelle qui a lancé la machine est arrivée pendant la Ryder Cup 1977 au Royal Lytham & St. Annes, lorsque Nicklaus est venu trouver Lord Derby, président de la PGA anglaise pour lui proposer d'étendre le champ des compétiteurs à toute l'Europe.

« À ce moment-là, le Royaume-Uni et l'Irlande n'avaient gagné qu'une fois depuis 1933 » a déclaré Denney. « La Ryder Cup n'avait pas vraiment de succès, et les télévisions ne s'y intéressaient pas. Les deux cotés parlaient d'expansion, mais Jack avait le nom, la reconnaissance et le pouvoir, c'est donc lui qui a donné le plus gros coup de pouce. »

Le changement est arrivé à temps pour la Ryder Cup 1979. Nicklaus n'a pas fait partie de l'équipe cette année-là, mais les Américains ont gagné. Ils ont encore gagné en 1981, avec une équipe regroupant 11 joueurs ayant remporté, ou qui remporteront, au moins une grande compétition. Ils ont de nouveau gagné en 1983. Mais l'Europe commençait à se développer avec des joueurs comme Seve Ballesteros, l'Espagnol fougueux, et Langer.

« Le Come-back »

Le troisième meilleur souvenir de la Ryder Cup de Denney est le birdie de 45 pieds de Justin Leonard sur le 17è trou au Country Club de Brookline, Massachusetts, en 1999. C'est aussi l'un des moments les plus controversés de l'histoire de la Ryder Cup car les Américains ont commencé à fêter leur victoire sur le green avant que le partenaire de jeu de Leonard, Jose Maria Olazabal, fasse son birdie de 22 pieds.

Dès que le putt de Leonard est tombé, les joueurs américains, leurs femmes, et mêmes certains caméramans de la NBC se sont rués sur le 17è green pour fêter leur victoire. Les européens étaient furieux et ont insisté sur le fait qu'un caméraman avait marché sur la ligne d'Olazabal pendant qu'ils célébraient la victoire. Le capitaine Sam Torrance a jugé cette histoire « répugnante » et les critiques ont accusé Tom Lehman (natif du Minnesota) de figurer parmi ceux qui avaient fêté la victoire avec le plus de bruit.

Lorsque l'ordre est revenu, Olazabal a raté son putt, garantissant aux américains le demi point dont ils avaient besoin pour gagner le match 14 1/2 -13 1/2 . Le come-back de 10-6 au début de la journée finale a été le plus important de l'histoire de la Ryder cup et a été réalisé par les Européens en 2012.

À partir de 1999, les séries se sont assombries. L'animosité s'ajoutant à l'intrigue et à la pression. Ballesteros et l'Américain Paul Azinger illustrent parfaitement compétitivité accrue entre les équipes. Ils se sont accusés de tricherie pendant l'égalité de 1989 au Belfry et leur querelle a continué pendant les matchs suivants.

Ballesteros a dit de l'équipe américaine qu'elle était composée de « 11 gars sympas et Azinger. » Ce à quoi Azinger a répondu : « Le roi des stratagèmes ne m'apprécie pas ? C'est tout à mon honneur. »

L'organisation et la passion de l'Europe pour la Ryder Cup ont commencé à distancer les Américains de façon notable en 1987, lorsque l'Europe a gagné au Muirfield Village Golf Club de Nicklaus à Dublin, Ohio. C'était la première victoire de l'Europe sur le sol américain et ses premières victoires consécutives. Depuis 1983, l'Europe est 10-4-1, dont 6-1 dans les sept derniers matchs.

Mais les Américains, comme Popeye, semblaient commencer à en avoir assez. Après avoir perdu 16 1/2 à 11 1/2 à Gleneagles en Écosse en 2014, les Américains ont créé un groupe de travail et ont révisé leur méthode de sélection de joueurs. Hazeltine est le premier test grandeur nature de cette nouvelle approche.

Planter les graines

Les historiens du golf ne semblent pas réussir à se mettre d'accord sur l'origine de l'idée de ces rencontres. James Harnett, un chef de la diffusion pour Golf Illustrated, aurait émis l'idée en 1920.

Deux matchs non officiels se sont tenus en 1921 et 1926, mais pas de Harnett Cup. Il y avait cependant un certain Ryder présent dans les gradins en 1926.

Samuel Ryder sponsorisait des tournois de golf locaux et souhaitait accueillir une compétition internationale officielle. Il avait les fonds nécessaires pour mettre son plan à exécution. Son nom serait inscrit sur la coupe en or qu'il donnerait.

30 ans plus tôt, Ryder commençait à vendre des sachets de graine par la poste. Peu de gens pensaient qu'il réussirait. Mais, tout comme la Ryder Cup, le concept fonctionna et connut un développement beaucoup plus important qu'il aurait été possible de l'imaginer quatre-vingt-dix ans plus tôt.

Cet article a été rédigé par Mark Craig du Star Tribune, et une licence a été légalement obtenue via le réseau d'éditeurs NewsCred.

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