Capitaines
« À un an de la compétition, les choses commencent à se concrétiser », a déclaré Davis Love III lors de la Ryder Cup 2016.
Capitaines

USA 2016

Questions/réponses de Davis Love III, le capitaine de l'équipe USA de la Ryder Cup à un an de la compétition

CHASKA, Minnesota. -- Durant quelques jours plutôt mouvementés à Minneapolis dans le cadre des célébrations du compte à rebours d'un an avant la Ryder Cup 2016, nous avons rencontré le capitaine de l'équipe américaine Davis Love III et lui avons posé quelques questions.

Capitaine pour la deuxième fois en trois Ryder Cups, il est convaincu d'être fin prêt pour la prochaine compétition. Depuis 2010, il a été en coulisse en tant que capitaine ou assistant du capitaine dans deux Ryder Cupset deux Presidents Cups.

Dans quelques jours à peine, Davis Love voyagera en Corée pour aider Jay Haas avec l'équipe de la Presidents Cup. C'est une nouvelle opportunité de se rapprocher des joueurs et de voir comment se mélangent leurs personnalités.

Davis Love a parlé de tout ceci et plus encore depuis un banc du vestiaire des hommes au Hazeltine National.

PGA.com : Qu'est-ce que ça vous fait d'être ici, à Hazeltine, en pensant qu'il ne manque plus qu'une année avant la Ryder Cup 2016 ?

Love : C'est amusant de faire démarrer les choses. À un an de la compétition, les choses commencent à se concrétiser. J'ai passé deux journées entières avec Darren [Clarke] pour parler des choses qui se passent dans les coulisses, et de la réalité de devoir préparer nos deux équipes et de prendre des décisions plus importantes que les vêtements et les sacs, et ce genre de chose.

C'est agréable d'être dans la ville où vous allez jouer. Les fans, le club, les bénévoles - tout le monde est impatient, mais prêt à commencer. Il manque une année, c'est encore loin, mais le 4 décembre, quand nous avons eu notre première réunion de la Ryder Cup pour en parler, est passé à toute vitesse. Ça fait littéralement une année que nous avions commencé à parler de la dernière Ryder Cup et de ce que nous allions faire à l'avenir. Cela fait un moment que nous nous penchons dessus, et le temps est passé à toute vitesse, et je suis convaincu que l'année prochaine passera aussi à toute vitesse.

PGA.com : Dans quelle mesure êtes-vous mieux préparé maintenant que lors de votre deuxième expérience en tant que capitaine ?

Love : Je crois que Corey Pavin m'a préparé un peu quand j'étais vice-capitaine pour lui en 2010 au Celtic Manor. Et, bien sûr, j'ai aussi beaucoup appris en tant que capitaine à Medinah. Au cours des deux derniers jours, j'ai dû dire à Darren au moins 10 choses auxquelles il répondait « vraiment ? ».

Ça doit être une sensation comparable à celle que vous avez lorsque quelqu'un est élu président et qu'il vous fait vous asseoir et vous dit : « OK, voilà ce qui se passe vraiment en coulisses.» Puis vous répondez : « Oh mon Dieu. Je n'étais pas au courant de tous ces secrets. » C'est tout simplement un événement gigantesque. Depuis 1991, quand je parlais avec Dave Stockton et essayais de rejoindre son équipe, suivi des jeux entre 1993 et aujourd'hui, c'est juste incroyable de constater à quel point cet événement s'est développé.

Même la conversation avec Tom Watson était pareille. Il était surpris quand il se préparait pour 2014. Beaucoup de choses ont changé depuis l'époque où il était capitaine, en 1993. C'est un événement déjà encore plus grand qu'en 2012. Il y a juste tellement de choses qui ont évolué.

Je suis sûr que Darren est débordé. Vous savez, je suis déjà passé par là, et je sais comment ça se termine. Ça va beaucoup m'aider. Ça va aussi beaucoup aider tous mes assistants de capitaine, puisque nous aurons tous beaucoup d'expérience avec la Ryder Cup et nous saurons quoi faire. À présent, tout ce que nous avons à faire est de peaufiner notre plan d'action et l'exécuter. Nous savons ce que nous devons faire, nous devons juste le faire dès maintenant.

PGA.com : Vous êtes l'un des hommes les plus respectés du jeu. Ce n'est rien de nouveau. Mais qu'a signifié pour vous, à 51 ans, votre victoire sur les jeunes d'il y a quelques semaines, au Wyndham Championship ?

Love : J'ai de la chance. J'ai la chance de pouvoir encore jouer au PGA Tour. Je me rappelle de ce que me disait Lanny Wadkins : « tu ne te rends pas compte de ce que 20 victoires voudront dire pour toi. » À présent, je suis à égalité à 21 victoires avec Lanny. C'est génial de pouvoir jouer avec les plus jeunes. Je peux jouer aux côtés de Bubba Watson et de Bill Haas en plein été, les regarder jouer et apprendre à les connaître.

Maintenant que j'ai gagné, j'ai non seulement la chance de pouvoir jouer avec eux dans les tournois normaux, mais aussi aux Masters, aux World Golf Championships à Akron, quelques semaines à peine avant de participer à la Ryder Cup. Ça va être super.

Du point de vue de la Ryder Cup, c'est génial. Mais ces dernières années, j'avais tellement de choses à faire entre les postes de capitaine et d'assistant du capitaine, en plus des blessures, et je répétais toujours aux gens que « en réalité, je joue mieux qu'ils ne pensent. Il me suffit d'un bon putt, et je peux encore gagner. »

Les gens se lassent de l'entendre. Tout comme Tiger qui ne cesse de dire qu'il ne lui manque pas grand chose. Eh bien, je suis comme Tiger. Nous sommes convaincus que nous pouvons encore y arriver. C'était agréable de pouvoir prouver, à Wyndham, qu'il y a toujours une bonne raison pour laquelle je joue et participe encore. J'ai toujours dit que si je ne pensais pas être capable de le faire, je ne serais pas là. Si j'essayais seulement de passer le cut, je ne jouerais pas. C'était agréable pour moi, personnellement, mais aussi pour toute mon équipe, de Randy Myers et mes moniteurs de golf jusqu'à mes médecins et mes thérapeutes. Nous avons tous beaucoup travaillé.

Vous avez peut-être remarqué que Jordan Spieth parle toujours en utilisant « nous ». Je crois que c'est un point dont toute l'équipe devrait se rendre compte. J'ai toute une équipe - « nous » avons réussi. Nous sommes revenus et avons remporté un tournoi de golf après de nombreuses années difficiles. C'est ça, que cette équipe de la Ryder Cup a besoin de dire : nous pouvons y arriver ensemble. Individuellement, chacun d'entre nous peut très bien jouer au golf, mais à moins que nous options pour un peu de « nous » ces quelques prochaines années... c'est ce dont nous avons besoin pour nous unir et devenir une véritable équipe.

PGA.com : En tant que capitaine, vous sentez-vous encouragé de voir des jeunes d'une vingtaine d'année prendre des positions de leaders, comme Jordan Spieth et Rickie Fowler ?

Love : Rickie a eu un bon début, puis d'une période de stagnation, et maintenant il joue à nouveau très bien. Mais même entre tout ceci, il a toujours été un leader. Ses pairs le respectent. On ne l'a pas choisi pour être membre du groupe de travail de la Ryder Cup grâce à sa performance ou du nombre de fois qu'il a joué à la Ryder Cup. Il n'a pas été considéré comme prochain capitaine de la Ryder Cup. Il est dans ce groupe de travail parce qu'il est très respecté. Il est très mûr pour son âge, et il avait beaucoup à apporter.

Jordan Spieth est pareil. Il n'a peut-être que 22 ans, mais c'est un adulte. Il a de l'expérience. Il affiche une sagesse exceptionnelle pour son âge. Il est brillant et professionnel. Lui et Rickie peuvent être chefs d'équipe sur le parcours et hors-parcours, comme Phil Mickelson et Tiger Woods. Les joueurs peuvent les admirer et compter sur eux, premièrement pour dire et faire les choses adéquates, et deuxièmement pour jouer un excellent jeu de golf. C'est ça qu'il vous faut.

Je crois que Tiger et moi sommes arrivés à la Ryder Cup en pensant que nous devions remporter cinq points, que c'est comme ça que nous allions aider notre équipe. Et après avoir joué un moment, nous nous sommes rendu compte que c'était faux : il fallait gagner des points, mais il fallait aussi aider l'équipe avec la façon de diriger.

C'est Payne Stewart qui me l'a enseigné. Je suis sûr que Phil Mickelson l'a enseigné à Tiger - nous sommes les meilleurs joueurs de l'équipe, donc il faut aussi que nous soyons les meilleurs leaders.

Je crois que Rickie et Jordan, et même Webb Simpson et Zach Johnson, sentent qu'ils ont plus à faire que simplement venir et jouer.

Je l'ai déjà dit auparavant : notre système pour la Ryder Cup fonctionne. Nous avons d'excellents joueurs et d'excellents leaders. Nous devons juste ajuster certaines choses. Je crois que nous avons appris ceci lorsque nous nous sommes tous réunis l'année passée pour finalement en parler.

Nous avons enfin eu une réunion des anciens capitaines la semaine dernière où, au lieu de prendre des photos, de manger et de distribuer des cadeaux avant de se dire au revoir et à dans cinq ans, nous avons plutôt décidé de parler de ce que nous avions fait au cours des 6-8 derniers mois et de ce que nous allions faire à l'avenir, en demandant ce que les autres en pensaient. C'est à ce moment-là que Tom Lehman [assistant du capitaine] et moi avons demandé leurs avis.

Déjà rien que l'ouverture d'esprit et le regard nouveau de Derek Sprague et Pete Bevacqua - ils ont une équipe de foot qui a subi de nombreuses défaites. Ils ont dû renvoyer les entraîneurs et recommencer depuis le début. Nous sentons tous la nouvelle attitude, et nous sommes impatients de voir ce qui en découle.

PGA.com : Vous allez bientôt partir en Corée en tant qu'assistant du capitaine Jay Haas pour l'équipe des USA de la Presidents Cup. Quels sont les avantages pour vous d'être proche d'un grand nombre de joueurs qui seront probablement dans votre équipe pour la Ryder Cup dans une année ?

Love : Le seul fait d'avoir une chance de plus de pouvoir observer Jay Haas et Fred Couples faire les partenariats est extraordinaire. Au cours du dernier mois, avec Jay, nous avons parlé de qui il allait choisir, comment il va organiser ses groupes, qui va jouer avec qui, comment tout ceci va fonctionner, etc. Jay et Fred ont connu un succès incroyable dans la composition des joueurs et des partenariats des trois dernières Presidents Cups. Nous avons fait la même chose qu'eux sur de nombreux points, à Medinah. Freddie m'a bien évidemment mis sur la piste de comment faire les partenariats et comment bien choisir. Pour moi, c'est excellent, et j'ai la chance de faire un voyage avec eux.

Combien de capitaines de la Ryder Cup ont la chance de pouvoir aller une année et deux ans avant l'événement à une Presidents Cup ? J'ai peut-être 6-8 joueurs de l'équipe de cette Ryder Cup avec qui j'ai fait deux ou trois voyages - pas en tant que joueur, mais dans les coulisses, en tant que capitaine. Je crois que c'est très bien pour moi.

Avec Darren, nous étions assis à ne rien faire en 2010 au Pays de Galles, et Darren me dit : « Ne le prends pas [le poste de capitaine pour 2012], ne le prends pas. N'accepte pas 2012, attends-moi. »

Je lui ai répondu que je devais l'accepter quand il m'était offert.

Eh bien, nos deux vœux ont été exaucés. Mais regardez toute l'expérience que j'ai acquise depuis 2010. J'ai participé à deux Presidents Cups et à deux Ryder Cups. Je me sens plutôt sûr de moi. Je connais les tactiques, à présent.

Nous allons recevoir beaucoup de questions sur comment nous avons réalisé toutes ces nouvelles choses. Quel était le problème ? Eh bien, il n'y avait pas de gros problème, juste un problème ponctuel. C'est toujours serré. Nous voulons juste trouver un moyen d'être mieux préparés, au niveau de l'équipe, ce qui veut dire que le capitaine doit aussi être mieux préparé. Nous avons besoin d'un meilleur plan d'action pour toute la semaine, et même pour toute l'année. C'est notre engagement, à Tom et moi. Nous avons dit qu'une fois que nous aurons terminé la Presidents Cup, nous allons commencer à faire passer le message. Nous allons commencer notre plan. Cela signifie en partie apprendre à connaître le parcours de golf. Et cela signifie aussi en partie de commencer avec quiconque se qualifie en premier.

Le premier joueur à rejoindre l'équipe sera probablement Jordan Spieth. Une fois que nous aurons terminé la Presidents Cup, il deviendra ma cible. Je vais tout d'abord m'assurer qu'il soit avec nous. Si Jordan Spieth vient ici en juin et joue un match d'entraînement, cela plantera déjà un décor. Davis, Tom, Jordan et Dustin ont tous participé à Hazeltine. Eh bien, que vont faire les autres ? Je ferais mieux d'y aller, moi aussi.

Nous n'avons pas besoin d'être ici 10 jours chacun. Tout ce qu'il faut, c'est que Jordan le voie, le comprenne, et commence à y réfléchir. Il a un plan pour l'année, tout comme Dustin Johnson. Zach Johnson a un plan détaillé pour l'année prochaine. Je voudrais juste qu'ils l'incluent dans leurs plans pour l'année et le traitent comme si c'étaient les Majors.

Plutôt qu'ils se préoccupent de savoir s'ils vont rejoindre l'équipe, je veux qu'ils réfléchissent à comment nous allons gagner en début d'année.

Nous prenons un peu plus d'avance cette année qu'auparavant. J'ai toujours préféré attendre jusqu'à la dernière minute et voir les choses s'arranger toutes seules. Eh bien, nous ne pouvons plus nous le permettre. Nous ne pouvons plus arriver un lundi ou mardi soir, faire juste ami-ami et remporter la victoire. Nous devons être prêts avant.

Je crois que nous avons reçu l'opportunité de la PGA of America de faire tout ce que nous pouvons pour être prêts, cette fois-ci.